Alors qu’en management, les recherches sur la socialisation s’intéressent majoritairement à l’inclusion de nouvelles recrues au sein d’organisations stables, la thèse de Mélia Djabi étudie le processus de socialisation des anciens en contexte de changement organisationnel. Construit à partir des approches gestionnaires et sociologiques de la socialisation au travail et de plusieurs concepts de la théorie des rôles, le cadre conceptuel met à jour les dimensions clefs qui composent le processus : contraste, tensions de rôle, tactiques/pratiques organisationnelles, tactiques/comportements individuels, états de socialisation.

Réalisée à la SNCF, l’étude longitudinale qualitative menée auprès de plus de 40 individus, repose sur une comparaison de différents « sous-cas » d’étude. Mélia Djabi distingue notamment les parcours de socialisation des individus arrivés avant les grands bouleversements culturels, stratégiques, managériaux et technologiques de la fin des années 1990, de ceux arrivés après cette période.

La thèse de Mélia DJABI permet d’enrichir la compréhension de chaque dimension du processus de socialisation et de repérer les mécanismes sociaux qui les relient. Six processus typiques menant à l’absorption, l’exploration ou la détermination du rôle sont repérés. Quatre trajectoires collectives sont également identifiées, en fonction de la continuité/rupture identitaire perçue dans une perspective temporelle.

La thèse s’inscrivant dans une recherche-action, des pistes de réflexion en matière d’outil de gestion sont proposées aux managers afin de les aider à structurer les actions de conduite du changement. Des pistes d’actions leurs sont également suggérées pour appréhender les « rôles » de leurs collaborateurs : les rôles constituent non seulement le point nodal des processus de continuité et de transformation organisationnelle, mais également de continuité et de changement individuel.

Thèse soutenue le 24 novembre 2014.