Focus RH - 23 janvier 2009

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Article initialement paru dans Focus RH.

Le 21 janvier 2009, GDF Suez accueillait dans ses locaux le lancement officiel de la Chaire "Management et diversité" et ses signataires : les groupes EADS, La Poste, GDF-Suez et Macif, ainsi que l?université Paris-Dauphine. Une chaire initiée par le club du XXIe siècle et placée sous le double signe de la responsabilité citoyenne et de la nécessité économique.

« Il est extrêmement important pour nous qu'il existe, au niveau universitaire, un endroit où la diversité puisse être analysée, étoffée ; un endroit où la diversité soit un sujet en soi », commence Louis Gallois, PDG d?EADS. Et l?intérêt ne relève pas uniquement d?une simple aspiration à la justice sociale. « Par exemple, si l?on ne s?ouvre pas à la diversité, les viviers de recrutement sont limités », poursuit Gérard Mestrallet, PDG de GDF-Suez.
Le lancement de la chaire "Management et diversité" contribuera ainsi à faire évoluer la notion même du mot diversité et, par extension, sa perception au sein des entreprises. Chenva Tieu, fondateur du club du XXIe siècle, appuie : « Au début, la diversité évoquait les voitures qui brûlent dans les banlieues. Puis il a été question des couleurs de la France. Et cette évolution se poursuit : on parle désormais de management de la diversité ou de hauts potentiels. Pour que la thématique continue à se rehausser, il faut que les universités entrent dans la boucle. » Selon lui, le défi de cette chaire est triple : rendre la thématique multidimensionnelle et donc dépasser le simple cadre RH, ouvrir la notion sur le monde (notamment via le réseau Dauphine) et sensibiliser les étudiants, toutes disciplines confondues, au management de la diversité. Un défi qui rencontre les attentes des entreprises.

Montrer l'exemple

Laurent Batsch, président de l?université Paris-Dauphine, rappelle que cette chaire est née de la demande même des entreprises, dont les managers « doivent mener des équipes diverses et en tirer le meilleur ». Pour ce faire, ils affichent donc un besoin certain en matière de formation continue.
Malgré des efforts déjà engagés, les signataires de la charte reconnaissent que « le chemin à parcourir demeure considérable ». Ainsi, La Poste travaille déjà sur les notions plus larges que la diversité, comme le développement responsable. « Nous recrutons beaucoup au niveau local, précise Jean-Paul Bailly, président du groupe La Poste, de sorte que nos salariés ressemblent à nos clients. »
Seulement, plus on monte dans la hiérarchie, et plus la diversité se fait rare. Pourtant, « pour que les salariés adoptent ces valeurs, les dirigeants doivent être les premiers à les afficher et à les respecter », souligne Roger Iseli, directeur général du groupe Macif. « Les patrons doivent avoir des convictions personnelles fortes pour que ça fonctionne », appuie Gérard Mestrallet.

Des difficultés de recrutement

De son côté, le groupe EADS est confronté à une problématique un peu particulière. Louis Gallois rappelle que la diversification de ses recrutements - essentiellement des ingénieurs - dépend de celle des promotions de l?enseignement supérieur. Et les formations en ingénierie n?ont pas la réputation d?attirer un public particulièrement féminin.
« Nous avons également de grandes difficultés à faire venir des ingénieurs étrangers, pourtant qualifiés », ajoute le PDG. Un écho aux propos introductifs d?Eric Besson, ministre de l?Immigration et de l?Intégration, venu inaugurer cette chaire et rappeler la philosophie du gouvernement en matière d?immigration (rester ouvert à l?immigration légale, selon les capacités d?accueil et d?intégration du pays).
Par ailleurs, contrairement aux autres membres de la chaire, EADS n?est pas confronté au grand public et ne subit donc pas la pression des consommateurs sur ce sujet. En revanche, Louis Gallois reconnaît une certaine « pression liée à l?air du temps ».
EADS doit également composer avec les approches de la diversité propres aux quatre pays accueillant les usines du groupe. « Certains sont déjà très avancés et d?autres ne veulent pas en entendre parler », avoue le PDG qui souhaite trouver un dénominateur commun applicable à ces pays. Un dénominateur que cette chaire aidera sans doute à déterminer.

Brice Ancelin